Bonjour,
Je m’appelle Baptiste, je vis à Marseille. J’ai 45 ans.
J’ai 20 ans. J’ai 20 ans quand je découvre l’imprévisible, la douleur, le chaos. JM mon cousin, mon frangin, mon poto disparait dans un terrible accident. La nouvelle est brutale. Inacceptable. C’est le choc. Je me fragmente en 1000 morceaux. Je disparais.
J’ai 20 ans. J’ai 20 ans quand je renais. C’est l’électrochoc devant les toiles des Marquises de Gauguin.
Les fauves m’emportent, me transportent. Leur utilisation explosive des couleurs brutes fait échos en moi. J’admire leur capacité à jouer avec les émotions. L’espoir renait par la couleur.
Je me sens vivant. Je rassemble les morceaux. Je prends le pinceau.
J’ai 20 ans quand je couche sur la toile mes premiers traits. Le style est encore fragile mais l’élan est solide.
J’ai 34 ans. J’ai 34 quand je me lance. Je lâche mon emploi. La peinture sera désormais ma vie.
…Aujourd’hui
J’ai 45 ans. Je peins. Comme enfant je peins. La peinture a ce pouvoir de nous permettre de remodeler le monde. J’en crée un plus lumineux, plus doux et plus accueillant.
Les paysages urbains m’inspirent particulièrement, peut-être un héritage de mes grands-pères ? L’un maçon et l’autre architecte ?
J’ai 45 ans. Je peins. J’ai gagné en assurance dans le dessin. Plus de spontanéité, plus d’expressivité. Le geste est plus fluide. Les couleurs rayonnent. Je suis serein. Je peins.
Les chocs fragmentent. Il ne nous reste plus qu’à reconstruire notre manière d’exister. Rassembler les fragments, les assembler, créer de nouvelles formes. Modifier les couleurs. Plus enfantin, plus innocent le monde en devient plus apaisant.